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Détroit d’Ormuz : Le nouveau bras de fer qui menace au-delàs du Moyen Orient

Détroit d’Ormuz : Le nouveau bras de fer qui menace au-delàs du Moyen Orient

Carte du détroit d'Ormuz/ source Rrvue de Géopolitique

IAM BAMAKO IAM BAMAKO IAM BAMAKO

Alors qu’un espoir de désescalade semblait émerger après un mémorandum entre Washington et Téhéran, le détroit d’Ormuz est redevenu l’épicentre d’une nouvelle confrontation au moyen orient.

Long de seulement une cinquantaine de kilomètres par endroits, le détroit d’Ormuz concentre aujourd’hui une grande partie des inquiétudes internationales. Passage maritime stratégique par lequel transite une part importante des exportations mondiales d’hydrocarbures, il est devenu le symbole d’un affrontement qui dépasse largement les seuls adversaires en face. L’histoire récente de cette crise a démontré que la moindre confrontation dans cette zone stratégique peut rapidement impacter non seulement sur la stabilité du Moyen-Orient, mais aussi surtout   le commerce en général.

Il faut rappeler que la crise actuelle s’inscrit dans une longue période de tensions entre Washington et Téhéran, ravivées ces dernières années par le dossier nucléaire iranien, les sanctions américaines et la rivalité stratégique dans le Golfe. Depuis le retrait des États-Unis de l’accord nucléaire iranien en 2018, jusqu’aux récents conflits armés impliquant Israël les Etats-Unis et l’Iran, les deux pays ont multiplié incidents maritimes et pressions économiques. Le détroit d’Ormuz est progressivement devenu le baromètre de la puissance dominante.

Pour légitimer son action, Washington affirme défendre la liberté de navigation internationale et la sécurité des échanges commerciaux. Téhéran, de son côté, considère que sa position géographique lui confère un rôle central dans la gestion de cette zone stratégique et refuse toute présence qu’il juge contraire à ses intérêts sécuritaires.

Pourtant, un signal d’apaisement avait récemment nourri quelques espoirs. Un mémorandum conclu entre les deux parties avait été présenté comme une tentative diplomatique visant à réduire les tensions et à favoriser une reprise progressive du trafic maritime. Sans constituer un règlement global des différends, ce cadre devait permettre d’instaurer un minimum de stabilité et d’éviter une confrontation directe.

Mais cet espoir s’est rapidement heurté aux réalités du terrain. Les divergences d’interprétation de cet arrangement, les accusations de violations et la poursuite des actions militaires ont fragilisé la dynamique diplomatique. Chaque camp semble désormais chercher à renforcer sa position avant d’éventuelles nouvelles discussions.

Cette logique de démonstration de force comporte toutefois ses propres limites. Une escalade incontrôlée pourrait coûter cher aux deux acteurs. Une fermeture durable ou une perturbation majeure du détroit aurait des conséquences immédiates sur les prix de l’énergie et sur les économies dépendantes des importations pétrolières. Pis, les pays du Golfe, partenaires traditionnels des États-Unis, se retrouvent également exposés aux risques d’une confrontation qui pourrait toucher leurs infrastructures stratégiques.

Issa Djiguiba

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