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Sahel central : Comment le Mali a redessiné sa place dans le monde

Sahel central : Comment le Mali a redessiné sa place dans le monde

Le ministre des Affaires Etrangères et de la coopération internationale du Mali, SEM Abdoulaye Diop/ Source Image : MAECI

IAM BAMAKO IAM BAMAKO IAM BAMAKO

Cinq ans après le début de la Transition, le Mali a profondément transformé sa politique étrangère. Souveraineté assumée, diversification des partenariats, affirmation panafricaine et diplomatie culturelle constituent désormais les principaux marqueurs d’un repositionnement que le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a présenté comme une rupture avec les approches traditionnelles de la diplomatie malienne.

Le 15 juillet 2026, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a dressé un bilan de cinq années d’action diplomatique conduites sous la présidence du Général d’armée Assimi Goïta. Devant un parterre d’ambassadeurs, d’universitaires, de partenaires techniques et financiers ainsi que de représentants d’institutions nationales, il a défendu l’idée d’une diplomatie profondément renouvelée, qu’il qualifie de « décomplexée et offensive ». Selon lui, cette réorientation a permis au Mali de redéfinir sa place sur la scène internationale en faisant de la souveraineté, de la diversification des alliances et de l’intégration africaine les piliers de son action extérieure.

« La diplomatie, pendant cette période de Transition, a constitué, aux côtés de l’armée, l’une des premières lignes de défense de notre pays », a déclaré le chef de la diplomatie malienne. Une affirmation qui résume, l’esprit ayant guidé l’action extérieure du Mali depuis 2021. Son intervention s’est articulée autour de quatre axes majeurs : une diplomatie souveraine et lisible, des partenariats stratégiques diversifiés, une diplomatie culturelle assumée et un engagement résolu en faveur du panafricanisme.

Le premier axe repose sur un changement de paradigme que les autorités présentent comme fondamental. Le Mali affirme désormais privilégier des relations fondées sur le respect mutuel plutôt que sur une logique d’assistance. Cette nouvelle orientation repose sur trois principes considérés comme non négociables à savoir : le respect de la souveraineté du Mali, celui de ses choix souverains et la prise en compte des intérêts du peuple malien.

Selon Abdoulaye Diop, une « vaste majorité de partenaires adhèrent désormais à ces principes », après une période initiale marquée par des incompréhensions.

Cette évolution s’est également traduite par la réévaluation de la participation du Mali à certaines organisations internationales, dans le souci, selon le ministre, de préserver les intérêts stratégiques du pays.

La diversification des partenariats constitue le deuxième pilier de cette stratégie diplomatique. Bamako affirme avoir multiplié les ouvertures vers de nouveaux partenaires afin de renforcer sa marge de manœuvre, notamment dans les domaines de la défense, de l’économie et des investissements. La Russie et la Chine ont été érigées au rang de partenaires stratégiques, à un moment où la participation du président Assimi Goïta au Sommet Russie-Afrique et au Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), à Pékin, est présentée comme un tournant majeur de cette nouvelle dynamique.

Au-delà des relations politiques, le ministre a insisté sur la volonté de promouvoir des partenariats davantage orientés vers le transfert de compétences, la valorisation locale des ressources et la transformation des matières premières. Pour illustrer cette vision. Il a d’ailleurs repris une formule devenue récurrente dans son discours : « Il vaut mieux apprendre à quelqu’un à pêcher que de lui donner du poisson tous les jours. »

Autre levier mis en avant est la diplomatie culturelle qui occupe désormais une place importante dans la stratégie d’influence du Mali. Fort de son patrimoine historique, musical, linguistique et religieux, le Mali entend faire de sa culture un instrument de rayonnement international. Parmi les résultats présentés à ce niveau figurent l’élection du Mali au Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO pour la période 2026-2030, après dix-huit années d’absence, ainsi que la proclamation, en 2023, de la Journée internationale de la langue soninké par l’UNESCO.

présent aux côtés du Diop, le ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag ATTAHER a mis en avant le lancement de projets structurants au niveau de son département à l’image de la Cité de la Diaspora, forte de 602 logements, destinée à renforcer les liens entre les Maliens de l’extérieur et le développement national.

En cinq années de Transition, le pays a profondément redéfini les fondements de sa politique étrangère. selon les plus hautes autorités de la transition, ce repositionnement diplomatique, fondé sur la souveraineté, la diversification des partenariats, le rayonnement culturel et l’intégration sahélienne, traduit la volonté du Mali d’occuper la place qu’il juge plus conforme à ses intérêts stratégiques dans un environnement international en pleine recomposition.

Par Issa Djiguiba, L’Analyse de la semaine – ADS

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