Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, a été démis de ses fonctions vendredi 24 juillet 2026 à l’issue d’un vote des États parties au Statut de Rome. Cette décision majeure intervient après plusieurs mois de controverses liées à des accusations de harcèlement et d’agression sexuelle, que le magistrat britannique a toujours fermement contestées.
Réunis en session extraordinaire, les États parties à la Cour pénale internationale ont décidé de mettre fin aux fonctions de Karim Khan, procureur de la juridiction depuis 2021. Selon les résultats du scrutin, une majorité des États membres a soutenu sa destitution, estimant que les accusations portées contre lui et la procédure disciplinaire engagée justifiaient cette mesure exceptionnelle. Le magistrat britannique, qui a toujours nié les faits qui lui sont reprochés, dénonce une procédure qu’il juge injuste et entend poursuivre les recours prévus par le droit.
Au cours de son mandat, Karim Khan a profondément marqué l’action de la CPI en accélérant plusieurs enquêtes sur des conflits, notamment en Ukraine, dans les territoires palestiniens, au Darfour, en Afghanistan ou encore au Venezuela. Son passage à la tête du Bureau du procureur restera également associé aux demandes et aux mandats d’arrêt très médiatisés visant de hauts responsables dans plusieurs dossiers sensibles. Pour ses partisans, ces initiatives ont renforcé la visibilité de la Cour et démontré sa volonté d’agir sans distinction de statut politique. Ses détracteurs estiment, à l’inverse, qu’elles ont accentué les tensions diplomatiques autour de l’institution et nourri les accusations de sélectivité qui lui sont régulièrement adressées.
La destitution de Karim Khan intervient alors que la Cour pénale internationale traverse une période de fortes pressions politiques. Depuis plusieurs années, l’institution est critiquée par certains États qui lui reprochent une justice jugée inégale ou influencée par les rapports de force internationaux, tandis que des organisations de défense des droits humains continuent de la considérer comme un instrument essentiel de lutte contre l’impunité. Si le départ de Karim Khan ne remet pas en cause la poursuite des enquêtes ouvertes par la Cour, il marque néanmoins un tournant pour une institution appelée à poursuivre les dossiers les plus sensibles de la justice pénale internationale tout en répondant aux interrogations persistantes sur son fonctionnement et son impartialité.
Issa Djiguiba

