L'Analyse de la Semaine
Mon compte

Votre panier est vide.

  • MALI
  • SÉNÉGAL
  • SAHEL
  • AFRIQUE
  • INTERNATIONAL
  • NOUS
    • Devenir contributeur
    • Nous contacter
    • Á propos de nous
No Result
View All Result
L'Analyse de la Semaine
No Result
View All Result

CPI : Le Tchad emboîte le pas à l’AES

CPI : Le Tchad emboîte le pas à l’AES

Mahamat Idriss Déby Itno, président du Tchad/ Source image :msn

IAM BAMAKO IAM BAMAKO IAM BAMAKO

Après le Mali, le Burkina Faso et le Niger, le Tchad a annoncé son retrait de la Cour pénale internationale (CPI), invoquant une justice « à géométrie variable » et trop focalisée sur l’Afrique. Cette décision de N’Djamena intervient dans un contexte où cette juridiction de La Haye fait également face à de fortes pressions de l’administration Trump.

En moins d’un an, le Tchad est le quatrième État africain à engager son retrait de la Cour pénale internationale (CPI). Dans un communiqué publié lundi 27 juillet, le gouvernement de N’Djamena a annoncé sa décision de quitter le Statut de Rome, traité fondateur de la juridiction basée à La Haye. Les autorités tchadiennes expliquent ce choix par un examen du fonctionnement de la Cour depuis son entrée en activité en 2002, concluant à une efficacité « limitée » et à une justice appliquée « à géométrie variable ».

Pour le gouvernement tchadien, le principal grief porte sur ce qu’il considère comme un déséquilibre dans l’action de la Cour. Selon les chiffres avancés par N’Djamena, neuf des treize enquêtes ouvertes depuis la création de la CPI concernent des États africains, tandis que plusieurs crises majeures survenues dans d’autres régions du monde n’ont pas connu, selon lui, d’avancées comparables. Les autorités estiment que cette concentration des procédures sur l’Afrique alimente un sentiment de justice sélective et affaiblit progressivement la crédibilité de l’institution.

Au-delà de ses motivations nationales, la décision du Tchad s’inscrit dans une dynamique déjà amorcée par les pays de la Confédération des États du Sahel (AES). Le Mali, le Burkina Faso et le Niger avaient annoncé, en septembre 2025, leur retrait de la CPI, dénonçant une juridiction qu’ils jugeaient « sélective » et « politisée ». En juin 2026, les trois États ont officiellement déposé leurs notifications de retrait auprès du Secrétaire général des Nations unies, conformément aux dispositions du Statut de Rome. Leur départ deviendra effectif un an après cette notification. Avec cette décision de N’Djamena, la contestation de la Cour ne se limite plus aux seuls États de l’AES et semble désormais gagner d’autres pays du continent.

Les arguments avancés par le Tchad rejoignent d’ailleurs ceux développés par les autorités maliennes, burkinabè et nigériennes. Tous dénoncent une justice internationale perçue comme inégalement appliquée, revendiquent une plus grande souveraineté judiciaire et contestent le fonctionnement d’une institution accusée de concentrer ses poursuites sur les dirigeants africains. Cette convergence nourrit l’idée d’un effet d’entraînement qui pourrait alimenter, à terme, un débat plus large sur les relations entre l’Afrique et la justice pénale internationale.

Si certains admettent que la décision de N’Djamena intervient à un moment où le pays est régulièrement cité dans les débats liés à la guerre au Soudan, il faut en outre souligner que l’institution de justice internationale vit l’une des périodes les plus difficiles de son histoire.

Le président Donald Trump, depuis son retour à la Maison Blanche, a considérablement durci la position des États-Unis à l’égard de la CPI. En février 2025, il a signé un décret imposant des sanctions contre plusieurs responsables de la juridiction, notamment des restrictions de visas et le gel d’éventuels avoirs aux États-Unis. Washington reproche à la Cour d’avoir délivré des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, estimant qu’elle n’a pas compétence pour poursuivre les dirigeants d’un État non partie au Statut de Rome. Cependant, ces mesures ont suscité de vives réactions de la part de plusieurs États européens et d’organisations de défense des droits humains, qui y voient une atteinte à l’indépendance de la justice pénale internationale.

À ces pressions extérieures s’ajoutent les difficultés internes de l’institution, telles que la destitution récente de son procureur, Karim Khan, qui a fragilisé davantage une Cour déjà confrontée à des critiques autant sur son fonctionnement que sur son efficacité. Le retrait du Tchad vient ainsi confirmer que, de plus en plus, une partie de l’Afrique remet ouvertement en cause la légitimité de la Cour pénale internationale.

Issa Djiguiba

Article précédent

RDC : Félix TSHISEKEDI tend la main, l’opposition sort les griffes

  • MALI
  • SÉNÉGAL
  • INTERNATIONAL
  • AFRIQUE
  • SAHEL
  • Devenir contributeur
  • Á propos de nous
  • Nous contacter

© 2022 - L'Analyse de la semaine

No Result
View All Result
  • MALI
  • SÉNÉGAL
  • SAHEL
  • AFRIQUE
  • INTERNATIONAL
  • NOUS
    • Devenir contributeur
    • Nous contacter
    • Á propos de nous

© 2022 - L'Analyse de la semaine