En visite de travail et de solidarité à Bamako, la lutte contre le terrorisme a dominé les échanges entre le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et le Général d’armée Assimi Goïta. Dans un Sahel où les groupes armés poursuivent leur expansion au-delà des frontières nationales, le président en exercice de la CEDEAO estime qu’aucun État ne peut relever seul un défi sécuritaire devenu commun.
La visite de Bassirou Diomaye Faye intervient dans un contexte particulièrement sensible pour le Mali. Ces derniers temps, plusieurs attaques de groupes armés terroristes ont visé les Forces armées maliennes (FAMa). Dès son arrivée à Bamako, le chef de l’État sénégalais a exprimé les condoléances de son pays au peuple malien et condamné avec fermeté des actes qu’il a qualifiés de « lâches et barbares ». Tout en rendant hommage aux sacrifices consentis par le Mali, le président sénégalais a réaffirmé la solidarité de Dakar envers un pays ami et frère.
Au-delà de ce message de soutien, les entretiens entre les deux chefs d’État ont surtout mis en évidence que le terrorisme demeure une menace transfrontalière qui exige une réponse collective. Les groupes armés profitent de la porosité des frontières, de la mobilité dans l’espace sahélien et des fragilités de certains territoires pour étendre leur influence. Ce constat renforce l’idée qu’une coopération plus étroite entre les États constitue aujourd’hui un impératif stratégique pour préserver durablement la sécurité de la sous-région.
Premier déplacement à Bamako depuis son accession à la présidence en exercice de la CEDEAO, cette visite revêt une portée politique éloquente, surtout qu’elle intervient alors que l’organisation régionale et la Confédération des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, poursuivent leurs réflexions sur l’avenir de leurs relations.
Si les divergences institutionnelles demeurent, les échanges entre Bamako et Dakar montrent que la lutte contre le terrorisme reste un domaine où le dialogue et la coopération peuvent prévaloir sur les désaccords politiques.
Cette rencontre a également mis en exergue que la sécurité ne peut être dissociée des enjeux économiques et du développement. C’est dans ce cadre que les deux dirigeants ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coopération bilatérale et de redynamiser plusieurs cadres régionaux, notamment l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS). Ils ont convenu de travailler avec les autres chefs d’État concernés à l’organisation d’un sommet consacré au renforcement de la coopération monétaire, économique et à la gestion concertée des ressources hydrauliques. Une démarche qui traduit la volonté de traiter les causes profondes de l’instabilité en consolidant l’intégration régionale et le développement.
Issa Djiguiba

