L’Assemblée générale de Organisation des Nations unies a adopté, le 25 mars 2026, une résolution historique reconnaissante la traite transatlantique des Africains et l’esclavage fondé sur la race comme le « crime le plus grave contre l’humanité ». Porté notamment par le Ghana avec le soutien de nombreux États africains et caribéens, le texte vise à inscrire officiellement dans le droit moral international la gravité exceptionnelle de ce système qui a marqué durablement l’histoire mondiale.
Les débats ayant précédé l’adoption ont révélé de fortes divergences. Plusieurs pays africains et des Caraïbes ont plaidé avec insistance pour une reconnaissance claire et sans ambiguïté, soulignant les conséquences persistantes de l’esclavage, notamment en matière de racisme structurel et d’inégalités économiques. Ils ont défendu l’idée que cette reconnaissance constitue un préalable indispensable aux politiques de mémoire, de justice historique et, pour certains, à des discussions sur les réparations.
À l’inverse, les États-Unis ont exprimé leur opposition, arguant de préoccupations juridiques et politiques, notamment le risque de créer une hiérarchie entre les crimes contre l’humanité. Plusieurs pays européens, dont la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, ont pour leur part choisi l’abstention, tout en reconnaissant la gravité historique de l’esclavage. Ces États ont insisté sur la nécessité de préserver une approche universelle des crimes contre l’humanité, sans établir de primauté entre eux.
Adoptée à une large majorité, la résolution n’a pas de caractère juridiquement contraignant, mais elle revêt une portée symbolique majeure. Elle consacre la reconnaissance internationale du caractère systémique, organisé et racialisé de la traite négrière, qui a concerné plus de 12 millions d’Africains déportés sur plusieurs siècles. Elle pourrait également renforcer les initiatives éducatives et les programmes de commémoration à l’échelle mondiale.
Dans un contexte marqué par la montée des revendications mémorielles et des appels à la justice historique, cette décision de l’Organisation des Nations unies apparaît comme une étape significative. Elle met en lumière les fractures persistantes entre États sur la manière d’interpréter le passé, tout en ouvrant un nouvel espace de dialogue sur les héritages contemporains de l’esclavage et les responsabilités partagées.
Amadou Sow, pour l’ADS

