Les 22 et 23 décembre 2025, Bamako a accueilli le 2ᵉ sommet du collège des chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel (AES), marqué par le passage de témoin de la présidence. Après un premier mandat structurant dirigé par le général d’Armée Assimi Goïta, président de la transition malienne, c’est le Capitaine Ibrahim Traoré, président du Burkina Faso, qui prend désormais les rênes de la confédération, avec à la clé de nouveaux projets pour renforcer la souveraineté et le développement socioéconomique de l’espace AES.
Reporté quelques mois auparavant, ce deuxième sommet décisionnel est apparu comme un tournant majeur pour la confédération. Outre le renouvellement de la présidence, la rencontre a été l’occasion d’inaugurer deux infrastructures stratégiques : la Télévision confédérale et la Banque confédérale d’investissement et de développement (BCID-AES), dotée d’un capital initial de 500 milliards de FCFA.
Ces initiatives traduisent la volonté des pays membres de renforcer leur souveraineté et de consolider la dynamique économique et institutionnelle de l’AES.
La cérémonie s’est déroulée au Centre international de conférences de Bamako (CICB) en présence des trois chefs d’État : le Capitaine Ibrahim Traoré, le général d’Armée Abdourahamane Tiani, président du Niger, et le général d’Armée Assimi Goïta, président en exercice et hôte du sommet.
La population bamakoise a salué les trois dirigeants, témoignant d’un fort attachement à l’Alliance et à ses objectifs.
Dans son allocution, le nouveau président de la confédération AES, le Capitaine Traoré a souligné que l’alliance doit s’assumer pleinement face aux pressions géopolitiques et aux menaces transnationales, tout en consolidant la coopération entre ses membres. Il a rappelé que l’unité et la vigilance des populations sont essentielles pour assurer le succès de la confédération, appelant à la détermination face aux défis sécuritaires et au développement économique.
Le président Traoré a également rendu un vibrant hommage à son prédécesseur, le général d’armée Assimi Goïta, pour le bilan positif de son mandat, notamment dans les domaines de la sécurité, de la diplomatie et du développement. Il a inscrit son mandat dans la continuité des actions et projets en cours.
L’insécurité étant l’une des principales causes de l’Alliance, les trois pays, peu avant le sommet, ont officiellement opérationnalisé la Force unifiée de l’AES (FU-AES) composée de 5 000 hommes et équipée de matériel militaire moderne.
Cet acte symbolise la capacité de la confédération à protéger ses populations et à garantir la stabilité de la région face aux menaces terroristes et aux ingérences extérieures.
Au-delà du passage de témoin, ce sommet a permis de poser les bases d’une feuille de route ambitieuse, incluant des projets structurants tels qu’une compagnie aérienne confédérale, une autoroute transsaharienne et un chemin de fer interconfédéral. Ces initiatives visent à renforcer l’intégration économique et la souveraineté de l’Alliance et offrir des perspectives de développement durable pour les citoyens de la confédération.
Issa Djiguiba, Pour l’Analyse De la Semaine-ADS
