Les chefs de la diplomatie du Mali, du Burkina Faso et du Niger ouvrent, ce mercredi à Niamey, une nouvelle séquence de leur coopération avec la Fédération de Russie. Un peu plus d’un an après les premières consultations ministérielles organisées à Moscou, cette deuxième session marque une étape importante dans l’approfondissement des relations entre les deux partenaires, avec en ligne de mire la sécurité, le développement économique et l’affirmation diplomatique de la Confédération des États du Sahel.
Niamey accueille ce mercredi la deuxième session des consultations entre les ministres des Affaires étrangères de la Confédération des États du Sahel (AES) et leur homologue russe, Sergueï Lavrov. Plus qu’une simple rencontre diplomatique, ce rendez-vous traduit la volonté commune de donner davantage de profondeur à un partenariat qui s’est progressivement imposé comme l’un des axes majeurs de la politique extérieure des trois États membres de la Confédération.
Cette nouvelle étape s’inscrit dans le prolongement de la première session tenue à Moscou en avril 2025. Une rencontre qui avait permis de poser les bases d’un dialogue politique régulier entre les deux parties et d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération dans des domaines jugés prioritaires, notamment la défense, la sécurité, l’économie, l’énergie, les infrastructures, les mines, l’éducation et la formation. Depuis, les échanges politiques se sont intensifiés, illustrant la volonté des deux partenaires d’inscrire leurs relations dans une logique de long terme.
À la veille des consultations avec la partie russe, les ministres des Affaires étrangères du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont harmonisé leurs positions au cours d’une séance de travail consacrée aux principaux dossiers inscrits à l’ordre du jour. Cette concertation préalable témoigne de la volonté de la Confédération de parler d’une seule voix sur les grandes questions stratégiques et de renforcer la cohérence de son action diplomatique.
Au-delà de son caractère politique, la rencontre de Niamey revêt une portée géostratégique importante. Dans un contexte international marqué par la recomposition des alliances et la diversification des partenariats, l’AES s’ouvre sinon consolide ses relations avec la Russie sur la base d’un respect mutuel de la souveraineté et de prise en compte des intérêts communs. Pour la Confédération, ce dialogue avec la Russie participe à la construction d’une diplomatie davantage tournée vers la multiplication des coopérations plutôt que vers la dépendance à un seul espace d’influence.
Les attentes portent désormais sur les retombées concrètes que pourrait générer ce rapprochement. En matière de sécurité, les trois pays espèrent poursuivre le renforcement de leurs capacités de défense et de lutte contre le terrorisme grâce à une coopération technique et militaire renforcée. Sur le plan économique, les perspectives concernent notamment le développement des investissements, la modernisation des infrastructures, l’exploitation des ressources naturelles, le transfert de technologies, ainsi que le renforcement des échanges commerciaux et des partenariats industriels.
Les secteurs de l’énergie, de l’agriculture, de la santé, de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle figurent également parmi les domaines susceptibles de bénéficier d’une coopération plus soutenue.
Au-delà des dossiers techniques, cette deuxième session des consultations AES–Russie constitue également un signal politique éloquent.
Issa Djiguiba

