Au Bénin, les résultats provisoires de l’élection présidentielle, annoncés par la Commission électorale nationale autonome, placent largement en tête Romuald Wadagni. Crédité de plus de 94 % des suffrages, l’actuel ministre des Finances devance nettement son unique adversaire, dans un contexte politique marqué par une reconnaissance rapide des résultats, sur fond de pression sécuritaire.
La tendance issue du scrutin présidentiel béninois ne laisse guère de place au doute. Selon les résultats provisoires proclamés dans la nuit de lundi à mardi par la Commission électorale nationale autonome, Romuald Wadagni arrive largement en tête avec 94,05 % des voix. Une avance écrasante qui le positionne comme futur président du Bénin pour un mandat de sept ans, sous réserve de validation par la Cour constitutionnelle du Bénin.
Face à lui, son unique adversaire, Paul Hounkpè, recueille 5,95 % des suffrages. Dans une posture qualifiée de républicaine, ce dernier a reconnu sa défaite dès le lundi, avant même la proclamation officielle, adressant ses félicitations à son concurrent. Cette reconnaissance précoce contribue à apaiser le climat politique et conforte, à ce stade, l’image d’un processus électoral sans contestation majeure.
En outre, ces résultats traduisent une forme de continuité, voire une consolidation du pouvoir en place, dans la mesure où le candidat vainqueur est issu de l’appareil gouvernemental. L’écart observé met en évidence une configuration électorale peu concurrentielle, marquée par une offre politique limitée et une absence de véritable suspense.
À ce stade, aucun contentieux significatif n’a été signalé. La prochaine étape reste la validation par la Cour constitutionnelle du Bénin, seule habilitée à proclamer les résultats définitifs conformément aux dispositions en vigueur.
Cette élection intervient par ailleurs dans un contexte sécuritaire marqué par la persistance de menaces terroristes, notamment dans le nord du pays. Dans un environnement régional sous tension et encore marqué par les séquelles d’une récente tentative de coup d’État, le bon déroulement du scrutin et l’absence de violences majeures signalées apparaissent comme des éléments significatifs.
Cette large victoire provisoire pourrait, à court terme, consolider la stabilité institutionnelle, tout en relançant les interrogations sur le niveau de pluralisme et la compétitivité du jeu électoral.
Issa Djiguiba

