L’ancien président de la Transition, Paul-Henri Sandaogo Damiba, renversé en septembre 2022 par le capitaine Ibrahim Traoré, est de retour au Burkina Faso. Certes peu documentée, plusieurs sources concordantes confirment l’expulsion de Damiba du Togo, où il vivait en exil depuis plus de trois ans, vers le Burkina Faso le 18 janvier.
Arrivé au pouvoir à la suite du coup d’État de janvier 2022, Paul-Henri Sandaogo Damiba avait été à son tour renversé neuf mois plus tard, sur fond de dissensions internes et de critiques persistantes liées à l’aggravation de l’insécurité. Contraint à l’exil, il s’était établi au Togo, un pays qui joue traditionnellement un rôle de médiation et d’accueil diplomatique dans la sous-région ouest-africaine.
Depuis plusieurs mois toutefois, les autorités burkinabè accusent l’ancien chef de la Transition d’être impliqué, depuis l’étranger, dans des tentatives de déstabilisation du pouvoir en place. Début janvier, le gouvernement de transition a annoncé avoir déjoué un projet de coup d’État, évoquant l’existence de réseaux militaires et civils agissant depuis l’extérieur, et citant Damiba comme l’un des principaux instigateurs présumés. C’est dans ce climat sécuritaire tendu qu’est intervenue son expulsion du territoire togolais.
L’absence, jusqu’ici, de communication officielle détaillée de la part des autorités togolaises ou burkinabè a entretenu un flou autour des circonstances exactes de cette remise. Certaines informations initialement relayées ont été nuancées, voire démenties, notamment face à la circulation de documents non authentifiés. Pour autant, le recoupement de plusieurs sources indépendantes indique que Paul-Henri Sandaogo Damiba a bien quitté Lomé sous escorte pour être transféré à Ouagadougou.
Cet épisode est interprété comme un signe fort dans la coopération entre le Togo et le Burkina Faso, en particulier sur les questions de sécurité et de stabilité politique. En acceptant de ne plus accueillir un ancien dirigeant accusé de menacer l’ordre constitutionnel de son pays, Lomé envoie un message de solidarité aux États sahéliens qui cherchent à coordonner davantage leurs réponses face à l’insécurité et aux risques d’instabilité.
Si à Ouagadougou, cette extradition s’inscrit dans une stratégie de fermeté visant à dissuader toute tentative de remise en cause du pouvoir de transition au Togo, elle confirme un positionnement pragmatique, privilégiant la coopération sécuritaire et le maintien de relations apaisées avec ses voisins.
Les prochains développements seront déterminants, tant sur le plan judiciaire que diplomatique. Le traitement réservé à Paul-Henri Sandaogo Damiba, s’il est confirmé sur le sol burkinabè, sera observé avec attention, tout comme l’évolution des relations entre Lomé et Ouagadougou, désormais engagées dans une collaboration plus affirmée face aux défis communs du Sahel.
