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Extension du travel ban : l’AES défie Washington

Extension du travel ban : l’AES défie Washington

Le Drapeau américain devant la Maison blanche/source : Google

L’administration du président Donald Trump a élargi en décembre 2025 les restrictions d’entrée aux États-Unis à plusieurs pays, parmi lesquels les trois membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger. En réponse, ces pays ont activé des mesures de réciprocité, interdisant à leur tour l’accès à leur territoire à des citoyens américains, dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes.

Le 16 décembre, la Maison-Blanche a annoncé l’extension de son travel ban, un dispositif de restrictions d’entrée visant des ressortissants étrangers, en ajoutant plusieurs États africains parmi les pays désormais soumis à des interdictions complètes de visa. Deux des principales économies et populations sahéliennes, le Mali et le Burkina Faso, ainsi que leur voisin, le Niger, ont été placés sur cette liste de pays dont les citoyens ne peuvent plus, à compter du 1ᵉʳ janvier 2026, obtenir des visas d’entrée aux États-Unis.

Le gouvernement américain justifie sa décision par des préoccupations de sécurité nationale, notamment des difficultés perçues dans la coopération sur le contrôle des frontières, les échanges d’informations et l’acceptation des ressortissants expulsés, ainsi que des risques liés à la présence de groupes armés dans les zones concernées.

La réponse des nations sahéliennes n’a pas tardé. Le Mali et le Burkina Faso ont annoncé, à la fin décembre, qu’ils appliqueraient à leur tour un principe de réciprocité immédiat, restreignant l’entrée sur leur territoire des citoyens américains. Dans leurs communiqués officiels, les ministères des Affaires étrangères des deux pays ont précisé que les ressortissants des États-Unis feraient désormais face aux « mêmes conditions et exigences » que celles imposées aux citoyens maliens et burkinabè voulant se rendre aux États-Unis. Ces mesures sont entrées en vigueur sans délai, marquant une escalade diplomatique inhabituelle entre ces gouvernements sahéliens et Washington.

Parallèlement, des sources officieuses indiquent que le Niger a également décidé d’appliquer des mesures réciproques similaires, reflétant une coordination croissante au sein de la Confédération de l’AES. Ce retour de bâton diplomatique illustre la dégradation des relations entre les États sahéliens et les États-Unis, dans un contexte où ces pays ont rompu avec certaines institutions régionales traditionnelles telles que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

L’extension du travel ban américain et la contre-offensive sahélienne s’inscrivent dans un contexte plus large de tensions internationales. D’un côté, les autorités américaines mettent en avant des arguments sécuritaires et administratifs ; de l’autre, les gouvernements sahéliens dénoncent une décision unilatérale prise sans consultation, susceptible de fragiliser davantage des populations déjà confrontées à des défis sociaux, économiques et sécuritaires considérables.

Pour les populations concernées, ces mesures signifient une incertitude accrue quant à la mobilité internationale. Étudiants, professionnels, familles transnationales et entrepreneurs se retrouvent directement impactés par ces décisions, qui compliquent non seulement les voyages, mais aussi les perspectives d’échanges éducatifs et économiques entre les deux rives de l’Atlantique.

Diplomatiquement, cette dynamique pourrait également redéfinir la manière dont les relations bilatérales se structurent entre les puissances établies et des États qui cherchent à affirmer leur autonomie stratégique. Le fait que des pays sahéliens aient choisi de répondre avec des mesures strictement symétriques montre que, loin d’être de simples acteurs périphériques, ils entendent désormais peser aussi sur l’agenda international, réaffirmant leurs prérogatives souveraines face à des politiques perçues comme contraignantes ou discriminatoires.

L’élargissement du travel ban et la riposte sahélienne augurent d’une période où les politiques migratoires ne seront plus seulement des instruments de contrôle, mais aussi des leviers de diplomatie et de pouvoir, susceptibles de remodeler les rapports entre l’Afrique et les États-Unis au fil de 2026 et au-delà.

Issa Djiguiba, pour l’Analyse De la Semaine – ADS

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