Du 18 au 22 février, la capitale malienne a été le théâtre des discussions fécondes sur le livre. Ces échanges éclairés ont été réalisés sous la thématique « l’Afrique des Jeunes ».
« On dit que la jeunesse est impatiente, qu’elle doit attendre la maturité avant d’émettre une opinion, écouter avant de parler, grandir avant de remettre en question les habitudes. On la dit blasée, bonne à rien, ou trop véhémente, irréfléchie, inconsciente », ont indiqué les organisateurs de la 17ème édition de la Rentrée littéraire du Mali, en référence au thème retenu pour cette édition.
Ils ajoutent, « les bienveillants misent sur sa curiosité, sa spontanéité, son imagination, sa capacité d’émerveillement et d’enthousiasme. Les démissionnaires parient sur son pouvoir oppositionnel, sa colère, son besoin de défis. Les tenants du « c’était mieux avant » reprochent à la jeunesse ce qu’ils jugent être son indifférence à l’histoire, son manque d’action et lui demandent de réussir là où ils ont échoué, de réparer ce que les générations précédentes ont négligé.
Les insatiables cherchent à nourrir en eux l’étincelle de la jeunesse. »
C’est en droite de cette philosophie que les organisateurs ont multiplié les échanges littéraires partout à Bamako avec les jeunes. Dans les lycées, grins (lieu de regroupement des jeunes) et autres, les écrivains étaient au contact des jeunes.
« Il est temps de leur restituer les espaces de débat, de les intégrer dans les prises de décision. C’est avec eux que nous pourrons anticiper le monde qui vient après nous et pour eux que nous devons le faire. Ils nous écoutent, nous observent, à notre tour de les écouter, ces sages qui constituent 60% de l’humanité », précisent les organisateurs.
La 17ème édition
Comme chaque année depuis 2008, à Bamako, la Rentrée littéraire du Mali s’est ouverte le mardi 18 février, à l’hôtel Salam, et ce jusqu’au 22 février, avec comme thème « L’Afrique des jeunes ». Un fois de plus, cet événement a été l’occasion pour le grand public et les écrivains, universitaires, chercheurs et artistes venus du monde entier, de célébrer pendant cinq jours le « livre, les mots et les idées ».
Pour cette 17ème édition, « L’Afrique des jeunes » était le thème choisi par les organisateurs. « L’Afrique, elle-même, est un continent très jeune au regard de sa population. D’ici 2030, sa population de moins de 18 ans devra atteindre 750 millions de personnes. En 2050, la moitié de sa population de 2,5 milliards sera âgée seulement de 25 ans. Les défis sont énormes. Vertigineux simplement, au regard de l’état de notre monde. », affirme à cet égard Ibrahima Aya, Directeur exécutif du comité d’organisation de la Rentrée littéraire du Mali.
« Alors, cette 17ème édition de la Rentrée littéraire du Mali invite des écrivains, des universitaires, des chercheurs, des artistes des cinq continents et le grand public à questionner nos imaginaires, nos pensées et nos pratiques au bénéfice d’une jeunesse africaine porteuse d’espérance, d’ouverture et de créativité », a-t-il déclaré.
Cette année, la manifestation a accueilli 100 écrivains et chercheurs, dont 40 invités internationaux issus de cinq continents. Avec un public attendu de 50 000 jeunes, elle a été une plateforme inédite d’échanges et d’engagement.
Le prix du premier roman non décerné
Lors de la cérémonie de clôture, ce 22 février, plusieurs prix ont été décernés. Seul le prix du premier roman n’a pas eu de lauréat, le président du jury a déclaré qu’aucun des textes reçus ne répondent aux critères sur tous les plans. Par contre, Kabiné Bemba Diakité a reçu le prix Massa Makan Diabaté, avec son œuvre « La haine dans la forge », publié chez Éditions Tombouctou.
Mohamed Camara, pour L’Analyse de la semaine -ADS