Le gouvernement malien a adopté, lors du Conseil des ministres du 25 juin, un projet de loi portant organisation générale de la Défense et de la Sécurité. Cette réforme vise à doter le pays d’un cadre juridique mieux adapté à l’évolution des réalités géopolitiques, géostratégiques et sécuritaires. Elle constitue une nouvelle étape de la modernisation de l’outil de défense nationale, engagée pour permettre au Mali de faire face aux défis sécuritaires auxquels il est confronté depuis plus d’une décennie.
Depuis plusieurs années, les autorités maliennes multiplient les initiatives pour adapter l’appareil de défense aux mutations de l’environnement sécuritaire. Une nouvelle étape a été encore franchie le 25 juin avec l’adoption, en Conseil des ministres, d’un projet de loi portant organisation générale de la Défense et de la Sécurité. Présenté par le ministre délégué auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, ce texte prévoit la relecture de la loi du 23 novembre 2004 afin d’offrir au pays un cadre juridique davantage en phase avec les réalités géopolitiques, géostratégiques et sécuritaires actuelles.
Selon le gouvernement, la loi de 2004, adoptée pour garantir l’intégrité du territoire et assurer la protection des populations contre les différentes formes d’agression, ne répond plus pleinement aux exigences imposées par l’évolution de la menace. Les autorités estiment que les profondes transformations intervenues ces dernières années au sein des Forces de défense et de sécurité nécessitent désormais une adaptation du dispositif législatif. Si le contenu détaillé du projet de loi n’a pas encore été rendu public, le communiqué du Conseil des ministres précise que cette réforme vise à corriger les insuffisances constatées dans l’application du texte en vigueur et à mieux organiser les missions, le commandement et la coordination des forces de défense et de sécurité.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus globale engagée depuis 2021. Face à une crise sécuritaire qui dure depuis plus d’une décennie, le gouvernement a fait du renforcement des capacités nationales l’un des principaux axes de sa politique de défense. L’objectif affiché est de bâtir un outil militaire plus autonome, plus réactif et mieux adapté aux nouvelles formes de menaces qui touchent le pays.
Au cours de ces quatre dernières années, d’importants investissements ont ainsi été réalisés pour moderniser les Forces armées maliennes (FAMa). Les autorités ont procédé à plusieurs vagues de recrutement de personnels militaires, renforcé les capacités de formation et acquis de nouveaux équipements destinés à améliorer les performances opérationnelles de l’armée. L’arrivée d’aéronefs de combat, d’hélicoptères, de drones, de véhicules blindés et de nouveaux moyens d’appui a progressivement modifié les capacités d’intervention des FAMa sur les différents théâtres d’opérations. Dans le même temps, des réorganisations du commandement et du déploiement des forces ont été entreprises afin d’améliorer la coordination des opérations et la couverture sécuritaire du territoire.
Cette montée en puissance intervient dans un contexte marqué par une profonde reconfiguration de l’environnement sécuritaire du Mali. Pendant près d’une décennie, le pays a accueilli plusieurs forces militaires étrangères dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Les divergences apparues au fil des années entre Bamako et certains de ses partenaires sur la conduite de cette lutte ont finalement conduit au retrait successif de ces forces. Depuis, les autorités maliennes ont réaffirmé leur volonté de placer les capacités nationales au cœur de la stratégie de défense, tout en diversifiant leurs partenariats militaires et en développant une coopération plus étroite avec le Burkina Faso et le Niger dans le cadre de la Confédération des États du Sahel (AES).
Les récentes attaques simultanées menées contre plusieurs localités du pays sont venues rappeler que les défis sécuritaires continuent d’évoluer et exigent une adaptation permanente des réponses apportées par l’État. Dans ce contexte, les autorités considèrent que la modernisation des équipements et le renforcement des effectifs doivent désormais être accompagnés d’une évolution du cadre juridique afin de garantir une meilleure organisation de la défense nationale.
L’adoption de ce projet de loi apparaît ainsi comme le prolongement naturel des réformes engagées depuis plusieurs années.
Issa Djiguiba

