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Mali : préservation des espaces verts urbains, un impératif de santé publique et de cohésion sociale

Mali : préservation des espaces verts urbains, un impératif de santé publique et de cohésion sociale

Vue de la cours de l'université Kabala avec les arbres plantés par l'UNESCO pendant le reboisement en 2021 UNESCO/Dramane Souaré

À Bamako, entre bétonisation galopante et canicules récurrentes, les espaces verts s’effacent. Leur préservation n’est plus un luxe paysager, mais une urgence vitale pour des villes maliennes résilientes et inclusives.

À l’instar de nombreuses capitales ouest-africaines, Bamako et les villes secondaires maliennes connaissent une expansion démographique rapide. Cette urbanisation galopante, bien que vecteur de dynamisme économique, s’opère fréquemment par une artificialisation des sols qui ignore les quotas verts.

Face à cette réalité, les habitants expriment une préoccupation croissante. « Autrefois, notre quartier respirait. Aujourd’hui, chaque mètre carré est bétonné pour construire des maisons locatives. Nous étouffons, et nos enfants n’ont plus d’endroits sûrs pour jouer », confie Kalilou Traoré, chef de famille résidant à Bamako-Coura. Ce sentiment est partagé par de nombreux riverains qui constatent la raréfaction des zones d’ombre et de détente.

Impératif de santé publique et résilience climatique

Le Mali, situé en zone sahélienne, fait face à des contraintes climatiques structurelles. Dans ce contexte, la végétation urbaine agit comme une infrastructure de santé publique essentielle. La disparition des couverts végétaux favorise la formation d’îlots de chaleur urbains. Les surfaces imperméabilisées emmagasinent la chaleur diurne pour la restituer la nuit, perturbant le repos physiologique des citoyens.

Sur le plan médical, les conséquences sont tangibles. « Nous observons une corrélation nette entre la densité du bâti, l’absence de végétation et l’augmentation des consultations pour des pathologies respiratoires ou des coups de chaleur, particulièrement chez les sujets vulnérables », alerte Aliou Mallé, pneumologue exerçant dans des cliniques. La végétation, par l’évapotranspiration et la filtration des particules fines (poussières latéritiques et émissions routières), améliore la qualité de l’air inhalé.

Dimensions socio-culturelles et cohésion communautaire

Au-delà de l’écologie, l’espace vert possède au Mali une fonction sociale intrinsèque. Traditionnellement, l’arbre à palabres symbolise le lieu de concertation, de résolution de conflits et de transmission du savoir. La préservation de ces espaces en milieu urbain permet de perpétuer cette culture du dialogue.

Salif Kouyaté, responsable associatif de la société civile de Kabala souligne : « Le parc n’est pas seulement un lieu de promenade, c’est un terrain neutre où les différentes couches sociales se rencontrent. Sans ces espaces, la ville se segmente et le lien social se distend ». L’accès à la nature ne saurait être un privilège réservé aux quartiers aisés. L’absence d’espaces verts dans les zones périurbaines défavorisées accentue les inégalités sociales. De surcroît, un espace vert entretenu décourage les activités illicites, renforçant ainsi le sentiment de sécurité des riverains, contrairement aux friches urbaines souvent perçues comme des zones de non-droit.

Pistes d’action et solutions adaptées

Face à ces défis, une approche multidisciplinaire est requise. Les communes du District de Bamako et des autres villes doivent intégrer systématiquement des zones vertes dans les plans d’urbanisme, avec un contrôle rigoureux des quotas lors des lotissements.

L’implication citoyenne est cruciale. Les initiatives de jardinage communautaire et d’agriculture urbaine (maraîchage) doivent être encouragées, car elles combinent verdissement et sécurité alimentaire. Par ailleurs, l’intégration de la nature dans l’architecture moderne malienne passe par l’utilisation d’essences locales résistantes à la sécheresse (telles que le Neem ou le Balanzan), réduisant ainsi les besoins en eau pour l’entretien.

La préservation des espaces verts urbains au Mali n’est pas une option esthétique, mais une nécessité stratégique pour la santé publique et la stabilité sociale. Les bénéfices sont multiples : atténuation des effets du changement climatique, amélioration du bien-être physique et mental, et renforcement du tissu social. Il est impératif qu’une prise de conscience collective émerge, impliquant l’État, les collectivités territoriales et chaque citoyen. Une urbanisation durable au Mali ne peut se concevoir sans une réconciliation entre le béton et la végétation. L’avenir des villes maliennes dépendra de la capacité des acteurs actuels à léguer aux générations futures un cadre de vie sain, vert et propice à l’épanouissement humain. L’heure n’est plus au constat, mais à l’action immédiate pour verdir le Sahel urbain.

Bakary Fomba

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