Sous l’égide du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi GOÏTA, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) intensifie sa coopération avec le Mali à travers le lancement du Plan National de Réponses (PNR) 2025, installé au siège du PAM à Sogoniko (Commune VI, Bamako).
Le projet comprend notamment la distribution de 22 000 tonnes de céréales, la vente subventionnée de 11 500 tonnes de denrées et un volet « résilience » promouvant la pêche, l’agriculture maraîchère et la restauration des terres. L’État y consacre 12,74 milliards de FCFA, tandis que le PAM apporte 15 milliards de FCFA et 10 000 tonnes de vivres pour soutenir 685 000 bénéficiaires, chiffres confirmés par le ministre Commissaire à la Sécurité Alimentaire, Redouwane AG MOHAMED ALI.
« Nous voulons concentrer nos efforts sur des approches intégrées… », a souligné le Directeur pays du PAM, réaffirmant la stratégie commune de promotion de la souveraineté alimentaire et de résilience communautaire. Malgré un déficit de financement de plus de 200 millions de dollars, 800 000 personnes ont déjà reçu une assistance, avec un objectif global de 2,3 millions de bénéficiaires en 2025.
Mali-PAM, une longue histoire de partenariat
Créé en 1961, le PAM est devenu permanent dès 1965 sous l’égide de l’ONU et de la FAO et a reçu le Prix Nobel de la Paix en 2020 pour son action humanitaire mondiale.
En 2020 : Le PAM lance une aide alimentaire durant la soudure pour près d’un million de Maliens dans les régions du nord et du centre, utilisant des coupons échangeables sur les marchés locaux.
En 2021 : Une contribution du Japon de 1,8 million USD via le PAM bénéfice à 122 000 personnes, dont 94 000 écoliers et 27 000 personnes vulnérables, en appui à l’éducation, la nutrition et la résilience.
Un rapport du PAM souligne qu’en septembre 2024, environ 1,5 million de personnes (6 % de la population) souffraient d’insécurité alimentaire aiguë. Plus d’un quart des enfants de moins de cinq ans étaient en état de malnutrition aiguë, tandis que 378 000 personnes étaient déplacées internes.
Selon FEWS NET, l’insécurité et la flambée des prix freinent l’accès à l’alimentation. Pour avril-mai 2025, jusqu’à 750 000 personnes pourraient nécessiter une aide, tandis que seules 6 % des financements nécessaires avaient été mobilisés mi-2025.
Pendant ce temps, l’Aide Publique au Développement (APD) continue : 100 millions SEK (Suède) du programme conjugué FAO-UNICEF-WFP soutiennent la résilience dans les régions de Ségou et Sikasso (2021–2025). Par ailleurs, un programme soutenu par l’Autriche, via la FAO, appuie depuis début 2025 1 600 ménages vulnérables dans les zones inondées de Tombouctou et Gao.
Le PNR 2025 s’inscrit dans cette dynamique solidaire : l’État malien, avec ses partenaires, en tête le PAM, mais aussi le Japon, la Suède, l’Autriche, et d’autres agences onusiennes, engage une réponse à la fois immédiate et structurelle. Le défi demeure immense, mais c’est ensemble que la souveraineté alimentaire du Mali peut devenir une réalité durable. »
Issa Djiguiba, Pour l’Analyse de la Semaine –ADS