L'Analyse de la Semaine
Mon compte
  • MALI
  • SÉNÉGAL
  • SAHEL
  • AFRIQUE
  • INTERNATIONAL
  • NOUS
    • Devenir contributeur
    • Nous contacter
    • Á propos de nous
No Result
View All Result
L'analyse de la semaine

 « Yogoro » : Ce patrimoine culturel à l’aune de l’année de l’éducation et de la culture au Mali

 « Yogoro » : Ce patrimoine culturel à l’aune de l’année de l’éducation et de la culture au Mali

un groupe de jeunes lors de la manifestation culturelle "Yogoro" au Mali/ source google

Pratique ancestrale du ramadan au Mali, le « Yogoro » incarne les valeurs de solidarité, de partage et de transmission intergénérationnelle qui fondent l’identité culturelle malienne. Pourtant, cette tradition millénaire, qui rythme les soirées du neuvième mois du calendrier lunaire depuis des siècles, fait face à un déclin préoccupant sous l’effet conjugué de l’urbanisation galopante, de l’exode rural et de l’attrait des loisirs numériques pour les jeunes générations.

Le « Yogoro », également désigné sous les appellations « Dangoroni » ou « Salawaléwalé », est une manifestation communautaire se déroulant chaque soir, à partir du dixième jour du mois béni de ramadan. Au-delà de l’aspect festif marqué par les chants, les danses et le partage de repas, cette pratique renforce les liens spirituels et favorise l’apprentissage intergénérationnel.

Selon Mounirou Kodio, imam à Kabala, cette tradition trouve ses origines dans la région de Macina, à Ségou. Initialement conçue comme un mécanisme de soutien « défouloir » et de source de revenus pour les nécessiteux durant le ramadan, elle a évolué pour devenir un vecteur de cohésion sociale.

Des défis majeurs pour la transmission culturelle

Néanmoins, la pérennité du « Yogoro » est aujourd’hui menacée par les mutations sociétales contemporaines. L’urbanisation croissante a entraîné un exode rural significatif, désorganisant les structures communautaires traditionnelles nécessaires à la tenue de tels rassemblements.

« De nos jours, le Yogoro perd de plus en plus l’esprit et les valeurs qu’il incarne », constate Kadidiatou Maïga, doyenne à Dioïla. Cette centenaire regrette notamment que les jeunes générations peinent à maîtriser les techniques de chant et de danse inhérentes à cette pratique.

Par ailleurs, l’avènement des médias numériques et des loisirs modernes constitue un obstacle supplémentaire. Télévision, jeux vidéo et réseaux sociaux captent l’attention de la jeunesse, reléguant les activités traditionnelles au second plan. Adama Kinda, senior de 70 ans, témoigne avec nostalgie : « Dans ma jeunesse, chaque soirée de ramadan était dédiée au Yogoro. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes ne connaissent même pas cette tradition ». Pour lui, cette déconnexion culturelle interpelle les responsables nationaux dans le cadre de la politique culturelle de 2026.

Alignement avec l’année 2026 de l’éducation et de la culture

Le « Yogoro » transcende le statut de simple tradition locale ; il constitue un tissu social unitaire pour l’ensemble des communautés maliennes. Dans la perspective de l’année 2026, dédiée à l’éducation et à la culture, il est impératif de conjuguer innovation et respect des traditions.

La sauvegarde de ce patrimoine vivant exige une responsabilité collective. Il convient de garantir que les futures générations puissent bénéficier de la richesse de cette pratique, faisant ainsi du « Yogoro » un symbole de la résilience culturelle du Mali pour les décennies à venir.

Lookman

  • MALI
  • SÉNÉGAL
  • INTERNATIONAL
  • AFRIQUE
  • SAHEL
  • Devenir contributeur
  • Á propos de nous
  • Nous contacter
Nous contacter

© 2025 Analyse de la semaine

No Result
View All Result
  • MALI
  • SÉNÉGAL
  • SAHEL
  • AFRIQUE
  • INTERNATIONAL
  • NOUS
    • Devenir contributeur
    • Nous contacter
    • Á propos de nous

© 2025 Analyse de la semaine